L'interview de Sebastian

Ciposa NEWS : Comment vous décririez vous ?

Sebastian : Je suis un type qui aime découvrir de nouvelles choses, j’ai de la peine à supporter la monotonie et les tâches répétitives. J’apprécie la haute technologie dans mon travail par contre dans la vie privée je suis plutôt en mode « low tech ».


CN : Quel est votre principal hobby ?

SEB : L’univers des véhicules anciens, j’aime autant les restaurer que les conduire. Cette passion m’a permis de faire de nombreuses et enrichissantes rencontres.


CN : On m’a dit qu’à la belle saison vous tenez un « coffee truck » au Bois du Petit-Château à la Chaux-de-Fonds. Comment cette idée vous elle venue ?

SEB : Je souhaitais réaliser un petit projet personnel rassemblant quatre thèmes qui me tiennent à cœur : l’univers du bus VW ancien, le voyage, le café et de l’autonomie en énergie.


Je prépare mes cafés en totale autonomie dans mon bus VW. J’utilise tout d’abord l’énergie solaire thermique pour porter à ébullition mon eau à l’aide d’une parabole.

 

Le congélateur et la pompe de l’évier sont alimentés par de l’énergie solaire photovoltaïque. Enfin, la force des bras pour moudre les grains – avec un moulin de 1930 - et actionner mes machines à café


CN : Quel est votre job chez Ciposa ?

SEB : Je suis process manager.


CN : En quoi consiste-t ’il ?

SEB : Le but de mon travail est de rechercher la meilleure façon d’intégrer de nouveaux procédés dans nos machines. J’allie la théorie et la pratique pour tester les limites du matériel qui m’est soumis.

 

Je travaille en étroite collaboration avec le bureau technique pour assurer une bonne intégration du nouveau procédé dans la construction de futures machines.


Il m’arrive souvent d’avoir à préparer des bancs de test, pour tester ou fiabiliser un procédé ou un concept avant de le présenter à notre client.


CN : Depuis combien de temps travaillez-vous chez Ciposa ?
SEB : Un peu moins de 3 ans.


CN : Qu’elle est votre formation initiale ?

SEB : J’ai fait un apprentissage de polymécanicien.


CN : Qu’est-ce qui vous plait dans votre travail

SEB : La possibilité d’aider à décrocher de nouveaux projets en m’impliquant dans des tâches qui viennent bien en amont de ces derniers. À chaque démonstration concluante, je me dis que ça donnera du travail aux copains/collègues.


CN : Il semble que l’aspect humain est un facteur important pour vous ?

SEB : Effectivement, à mes yeux l’aspect humain est très important voir primordial. Une personne qui va bien, fonctionne mieux de manière générale. Que ce soit dans son travail, comme dans sa vie privée.


CN : J’ai entendu parler de « POC », que pouvez-vous me dire à ce sujet ?

SEB : C'est l'acronyme anglais pour « Proof Of Concept », en français « Démonstration de faisabilité ».
C’est un processus qui répond à deux attentes principales. 
La nôtre, car, après l'analyse de risques d'un projet, cela nous permet de tester et valider les concepts et fournir ainsi au bureau technique des informations importantes à considérer dans la phase de conception.


Celle de nos clients, car cela nous permet de leur démontrer la faisabilité d'un processus, qu'il s'agisse d'assemblage, de contrôle, de lubrification ou autre.
Dans la plupart des cas, cela se concrétise par la réalisation d'un « module » simplifié, mais parfaitement fonctionnel, sur lequel nous réalisons des essais « grandeur nature » avec les produits des clients.

C’est une étape importante, qui conforte les choix retenus et va permettre la phase d'investissement.


Ce service répond en plus à une troisième attente. Des clients font appel à notre savoir-faire en la matière et nous demande la réalisation d'un POC spécifique. Il s'agit pour eux de vérifier la faisabilité et/ou les contraintes de cette faisabilité sur un processus, indépendamment de son éventuelle ultérieure intégration dans un équipement automatisé.


CN : Sans dévoiler de secrets, pourriez-vous me parler d’un ou deux projets de dispensing sur lesquels vous êtes en train de travailler actuellement ?

SEB : Il est vrai que nous sommes très actifs dans le domaine du micro-dosage, en voici deux.
Le premier projet qui m’occupe actuellement est la dépose des gouttes d’huile de l’ordre de 1 à 20 nL sur différents composants horlogers.


Nos essais consistaient à démontrer que nous pouvions déposer de l’huile sur un axe vertical, une surface horizontale ou entre les dents d’une roue. Sur des composants aussi divers que le mobile minute ou seconde, l’inverseur, les ponts ou la roue d’échappement.


CN : Quel a été le point le plus difficile à solutionner ?

SEB : La répétabilité du process est ici très importante, pouvoir garantir les quantités déposées dans une tolérance de volume de 3%. Pour y arriver, le système doit fonctionner de manière répétable, et ceci même lorsque les conditions environnantes comme la température, l’humidité, la pression atmosphérique ou encore l’électricité statique varient.


CN : Quel est le deuxième projet ?

SEB : Le deuxième est la dépose d’un cordon de graisse au fond d'un filet, le tout sans contact avec le composant. Pour celui-là, la partie la plus difficile était de trouver les bons réglages pour réaliser le dosage en jetting, sans aucune présence de satellites (éclaboussures involontaires) aux abords de la zone de dépose.


CN : J’ai aussi entendu parler de dépose de protection temporaire sur des carrures de montres, de quoi s’agit-il exactement ?

SEB : C’est la dépose sans contact d’une épargne sur des carrures de montre à l’aide d’un robot 5 axes simultanés. Le Proof Of Concept a été réalisé et nous finalisons actuellement la partie logiciel et l’interface homme-machine pour faciliter le travail de l’utilisateur final.


Le but de ce projet est de protéger les composants contre des micro-rayures, en leur appliquant un film liquide par un dosage en jetting. Ce film est ensuite polymérisé (séché/durcit) à l’aide d’une insolation UV, c’est une solution alternative à la pose traditionnelle d’étiquettes de protection.


Selon l’étape de fabrication ou de livraison du composant, différentes résines peuvent être utilisées. Que ce soit pour assurer une protection lors du transport ou contre des agressions mécaniques lors d’un microbillage ou de bains galvaniques par exemple. Une fois l’opération terminée, le film peut être pelé manuellement.


CN : Ciposa pourrait collaborer à un projet de fabrication de masques de protection, je crois que vous y participez ?

SEB : Effectivement, j’ai eu la chance de pouvoir commencer à travailler sur ce projet pendant la pandémie. L’idée est de tester la tenue d’un nouveau revêtement à appliquer sur des masques de protection personnelle.


Ce traitement permettra de prolonger la durée d’utilisation des masques et peut-être aussi de les rendre résistant au lavage.
J’ai fabriqué une petite machine de test, j’attends à présent les échantillons pour faire les premiers essais.


CN : Quelle est la destination de vos prochaines vacances ?

SEB : Nous faisons un tour de Suisse en septembre, ma petite famille embarquera à bord de notre fidèle bus VW de 1967. On souhaite découvrir un peu mieux notre propre pays plutôt que de partir au bout du monde.


CN : Merci Sebastian pour vos réponses, une dernière question pour terminer : « Quand vous aviez 10 ans, vous étiez certain que … ? »

SEB : Que lorsqu’on passait dans le tunnel sous la Manche, on pouvait voir les poissons !

Sebastian en famille
Huilage entre les dents
Epargne temporaire
Micro-lubrification automatique

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